« Margery » la médium dévoilée, par Houdini [trad.]

 

 

Afin que le lecteur puisse bien comprendre ma relation avec le cas «Margery» et le «Scientific American», et pour rendre ce dossier aussi complet et clair que possible, je vais d’abord examiner brièvement mon lien avec l’enquête de ce magazine sur les soi-disant phénomènes psychiques.

Quelque chose comme il y a trois ans, on m’a demandé d’écrire une série d’articles sur le spiritisme pour le Scientific American, mais j’ai dû refuser car mon travail me prenait trop de temps. Plus tard, M. James Black a fourni à la revue un certain nombre d’articles qui ont été publiés, mais ceux-ci étaient si inexacts qu’ils ont été assaillis, et à juste titre, de tous côtés.

Ayant ainsi agité un nid de frelons et n’ayant pas une connaissance suffisante du spiritisme pour répondre à la situation, l’un des plus anciens rédacteurs du Scientific American, et mon ami depuis plus d’un quart de siècle, Mr. A. A. Hopkins, m’a de nouveau écrit en me demandant instamment de préparer quelques articles sur le spiritisme pour eux. La lettre a été suivie très bientôt par un appel de Mr. Hopkins qui est venu à mon bureau à New York accompagné d’un grand homme qu’il a présenté comme J. Malcolm Bird, également membre de la rédaction du Scientific American.

Ils ont discuté des Articles Noirs avec moi et m’ont demandé pourquoi je n’écrivais pas sur le spiritisme pour eux. J’ai expliqué que le travail de recherche était tel que je ne pouvais pas le confier à quelqu’un d’autre et qu’il m’était impossible d’épargner le temps de recherche et de rédaction que les articles exigeaient, mais je leur ai conseillé de former un comité d’enquête et expliqué que si les autres membres étaient honnêtes, fiables et qualifiés, je serais un employé sans solde, avec la stipulation que je devais avoir le droit de rejeter toute personne proposée comme autre membre du comité. Ma raison était, comme je leur ai expliqué, que si un enquêteur ordinaire, que ce soit un profane, un professeur ou un scientifique, pouvait commettre une erreur et, plus tard, se corriger sans endommager sa position, j’étais dans une position différente, la nature particulière de mon travail ma réputation était en jeu et je ne pouvais pas courir le risque de me tromper. Cela a été convenu avant de quitter mon bureau, mais quelque temps après avoir entendu qu’ils avaient choisi un comité sans me consulter, j’ai écrit la lettre suivante pour me protéger :

MJ Malcolm Bird,
Scientific American,
233 Broadway,
New York City.

Cher Mr Bird,

Je viens tout juste d’être informé par M. Hopkins que vous avez déjà choisi un comité d’enquêteurs pour les 5 000 $ offerts aux médiums.

Donc, qu’il n’y ai pas d’erreur là-dessus, j’aimerais que l’on comprenne bien que lorsque j’ai accepté d’être membre de votre comité, c’est sous les conditions suivantes :

  1. Je dois connaître chaque homme sélectionné.
  2. Que toutes les conditions mises en place en présence des médiums aient été complètement décidées avec moi, de sorte qu’il ne pourrait y avoir aucune échappatoire pour n’importe qui méconnaîtrait les conditions des manifestations requises.
  3. Une autre condition est que le comité sélectionné se rendra à un certain nombre de séances à des fins d’investigation, afin que l’on puisse obtenir un protocole commun afin de rendre possible un véritable enregistrement écrit de ce qui a été vu, car les erreurs d’observation sont la malédiction de toute description.

Il a également été stipulé dans mes conditions que nous devions tenir des assemblées pour voir si tout le comité est acceptable pour chacun d’entre nous, parce que nous devons travailler en harmonie.

Il y a plus en jeu que l’argent que vous offrez, il y a ma réputation d‘investigateur psychique, et donc je vous demande de me donner votre pleine confiance, comme je vous donne la mienne. J’ai l’intention de vous servir fidèlement, et avec toutes les connaissances que je possède, mais je demande à être pleinement protégé pour cela.

Permettez-moi de vous suggérer de nous réunir à nouveau avant que la publicité ne soit faite, afin d’éviter toute erreur sur nos actions. Je m’intéresse vivement et intensément au sujet et je considère que c’est un compliment d’être dans ce comité, mais si l’une des conditions ci-dessus ne rencontre pas à votre approbation, je vous prie de me considérer hors projet.

Cordialement,
Houdini.

Le Comité définitif était composé du Dr William McDougall, de l’Université Harvard ; Le Dr Daniel F. Comstock, anciennement du Massachusetts Institute of Technology ; Dr. Walter Franklin Prince, de la Society for Psychical Research; Hereward Carrington ; Et Houdini. M. Bird a agi en qualité de secrétaire du Comité et le Dr Austin C. Lescaboura, un autre rédacteur du Scientific American, a aidé à organiser les tests et a été présent à la plupart des séances.

Suite à l’offre du Scientific American d’une somme d’argent récompensant tout médium qui réussirait à passer ses épreuves, plusieurs d’entre eux se sont présentés et ont réalisés des séances devant le Comité. Parmi eux se trouvaient les Tomsons, Mme Josie Stewart, Valentine, et Pecararo. Bird ne m’a pas invité à la majeure partie des séances, alors qu’en tant que secrétaire, c’était son devoir de le faire, donc, en apprenant les tests de Pecararo, je suis allé de Little Rock, Arkansas, à New York, pour être présent à l’une des séances de Pecararo.

Dans toutes ces enquêtes, il semblerait que M. Bird ait permis aux médiums de croire qu’ils avaient pratiquement remporté le prix et cela se reflète dans les comptes rendus qu’il a réalisé dans la presse. M. Prince et moi-même avons énergiquement objecté à cette démarche.

 

Pour autant que je sache, il n’y a pas eu d’autre enquête en cours lorsque, en parcourant un exemplaire du Scientific American, au début de 1924, j’ai été surpris d’y lire le compte rendu d’une série de séances tenues par le Comité avec une certaine  » Margery  » et j’ai compris par la lecture de celui-ci que le comité était sur le point de lui attribuer le prix. Dans le numéro suivant de la revue, il était encore mention de la mystérieuse médium dont l’identité était cachée derrière le nom de «Margery», mais comme la plupart des journaux américains écrivaient des articles donnant son nom et son adresse avant même d’avoir assisté à des séances, et comme plus tard elle a accordé des entrevues à des journalistes, et une en particulier en ma présence, sans nier son nom, il serait ridicule pour moi de faire autre chose que de l’appeler par son véritable nom : Mina Crandon, épouse de L. R. G. Crandon, un chirurgien bien connu de Boston.

Les rapports du Scientific American rédigés par Bird étaient de nature à amener un profane ordinaire à croire que le magazine avait trouvé un médium qui avait passé avec succès tous les essais cruciaux et dont les intentions était «sincères». De plus, le lecteur laïc et le journaliste non initié pourraient avoir l’impression que le Comité avait approuvé cette médium, alors que les articles ne représentaient que l’opinion de M. Bird, qui, oréolé d’une position d’autorité, avait écrit tout ce qu’il désirait, toujours, en prenant bien soin cependant de n’en formuler la substance que plus tard, ainsi en cas de nécessité, il pourrait réclamer un certain alibi. Une lecture attentive des articles rend ces subtilités évidentes.

Ces articles, écrits par Bird, sont les pires que j’ai jamais lu, à égalité seulement avec les bêtises écrites sur Mme Guppy, qui a déclaré avoir flotté dans les airs 1)Voir A Magician among the spirits, page 230 . Bird présentait la médium comme non seulement en capacité de faire basculer une table ordinaire, en la soulevant et communiquant au moyen d’un code fait de petits coups communs à tous les médiums, mais en plus, capable de véritables « acrobaties » comme l’arrêt et le démarrage des horloges, devant les observateurs, en pleine lumière et sans moyens visibles de l’accomplir, des esprits sifflant une mélodie, utilisant un mégaphone, et envoyant la baguette d’un rideau naviguer à travers la pièce. Ils ont également revendiqués le passage d’un pigeon vivant à travers la matière solide. Ce sont des exagérations, étincelants comptes-rendus de vide, et insinuer qu’un pigeon vivant a été introduit dans la chambre, à partir de l’extérieur, en passant par le verre ou la brique sans laisser ou utiliser une ouverture… C’est quelque chose qu’un magazine avec une telle réputation de prudence et de précision que le Scientific American devrait éviter, même si l’opinion est couverte.

Peu après la publication des articles, j’ai reçu la lettre suivante de M. Bird:

Scientific American,
233 Broadway, New York.
18 juin 1924.

M. Harry Houdini,
278 West 113th St.,
New York city.

Mon cher Monsieur Houdini :

Comme vous l’observerez lorsque vous recevrez votre « Scientific American » de juillet, nous sommes engagés dans l’étude d’un autre cas de médiumnité. Notre idée originale était de ne pas vous déranger à moins que, et jusqu’à ce que, il soit arrivé un stade où il semblait y avoir de sérieuses perspectives pour qu’un cas soit authentique, ou qu’il y ai une sorte de fraude que les autres membres du comités ne sachent pas déceler. Que ce soit bon ou mauvais, il y aura plusieurs histoires extrêmement intéressantes avec elle dans le Scientific American et celles-ci seront dans les numéros d’août et les suivants.

Mr. Munn estime que l’affaire a pris une tournure qui rend souhaitable que nous en discutions avec vous. Ne voulez-vous pas vous présenter, à votre convenance, pour prendre le déjeuner avec l’un d’entre nous et discuter avec Mr. Munn ? Mieux, appelez-moi d’avance, et assurez-vous que lui et moi soyons là au moment que vous choisirez.

Fidèlement votre,
J. Malcolm Bird,
Éditeur associé.

P.S : Mr. Munn a quitté le bureau aujourd’hui, il est parti jusqu’à lundi matin.

 

J’ai pris le rendez-vous demandé dans la lettre et rencontré Mr. O. D. Munn 2)Propriétaire du Scientific American, NDT , qui m’a expliqué qu’il avait été impatient de prendre contact avec moi et, en fait, avait essayé depuis une semaine, mais Bird avait esquivé la question et qu’il pensait que nous devrions aller à Boston ensemble et assister aux séances de « Margery ». Après avoir parlé de l’affaire, il appela Bird dans son bureau et, se tournant vers lui, je lui ai demandé :

« Croyez-vous que cette médium est authentique ? »

Je lui ai posé cette question parce que, bien qu’étant un amateur en investigation (car c’est équivalent à une profession en soi), et sans aucune expérience ou connaissance de la «production de mystères», il a néanmoins donné son approbation à plusieurs médiums et n’a pas détecté leurs trucages. Sa réponse, aussi fidèle que je m’en souvienne, fut :

– Oui, elle l’est, elle a recours à la ruse parfois, mais je crois qu’elle est à cinquante ou soixante pour cent authentique.

– Alors, vous voulez dire que cette médium aurait le droit de recevoir le prix «Scientific American» ? Ai-je demandé.

– Assurément, a-t-il répondu.

– Monsieur Bird, répondis-je, vous n’avez rien à perdre, sauf votre poste, bien qu’il soit très probable que vous puissiez facilement en obtenir un autre si vous faites erreur, mais si je me trompe, cela signifiera la fin de ma réputation et comme j’ai été choisi comme membre de ce comité, je ne crois pas qu’il soit judicieux de donner la récompense à cette médium, à moins que je ne sois autorisé à monter à Boston pour enquêter sur ses allégations et, d’après ce que vous me dites, je suis certain que cette médium est soit la plus merveilleuse au monde ou bien une très habile mystificatrice. Si elle est une médium frauduleuse, je vous garanti de le révéler, et si elle est authentique, je deviendrais l’un de ses plus ardents partisans.

Puis, s’adressant à Mr. Munn, j’ai dit:

– Si vous donnez ce prix à un médium sans l’examen le plus strict, chaque médium mystificateur dans le monde en profitera. Je perdrais mille dollars si je ne détecte pas qu’elle a recours à la ruse. Bien sûr, si elle est authentique, il n’y aura rien à révéler, mais si le Scientific American avait malencontreusement déclaré son authenticité et qu’elle soit finalement détectée comme fraudeuse, nous serions la risée du monde, et entre-temps, des centaines de médiums frauduleux auront profité de cette erreur.

– Eh bien, vous et moi allons monter ensemble et voir, a-t-il répondu.

– D’accord, je suis à votre service, lui dis-je.

C’était l’état des choses au 23 juillet 1924, lorsque Mr. OD Munn et moi arrivâmes à Boston, où Bird nous avait précédé en auto et a été l’invité de la médium et de son mari, comme il l’avait été précédemment pendant plusieurs semaines d’affilées, parfois accompagné par Mme Bird et d’autres fois seul. Carrington avait aussi passé plusieurs semaines dans la famille, mais, bien que nous ayons dîné avec les Crandons, Mr. Munn et moi nous sommes arrêtés dans un hôtel, car je suis entièrement d’accord avec le Dr Prince qu’il n’est pas possible de s’installer dans leur maison, rompre le pain avec eux fréquemment, puis enquêter et rendre un verdict impartial.

Il nous a été donné de comprendre que cette première séance à laquelle j’ai assisté le soir du mercredi 23 juillet était la quarante-huitième où Mme Crandon avait été mise à l’épreuve, mais j’ai appris plus tard dans une lettre écrite par son mari qu’elle était plus proche de la quatre-vingtième séance, et lorsque Mr. O.D. Munn et moi avions terminé notre cinquième séance, le docteur Crandon prétendait que le total était de quatre-vingt-dix. Toutes les séances avaient lieu dans la pénombre.

A cette séance-là, le docteur Crandon était assis à droite de la médium et tenait sa main droite et J. Malcolm Bird, comme il était d’usage dans leurs précédentes séances, avait encerclé d’une main les doigts de la médium et de son mari. Une des mains de Bird était donc libre pour « explorer les intentions » comme il l’a dit.

Je me suis assis à gauche de Mme Crandon et j’ai tenu sa main gauche avec ma droite. Mon pied droit était posé contre son pied gauche, appuyé contre sa cheville.

 

Anticipant le genre d’exercices que je devrais faire, comme détecter les mouvements de son pied, j’avais roulé ma jambe droite de pantalon au-dessus de mon genou. Toute la journée, j’avais porté un bandage en caoutchouc de soie autour de cette jambe juste sous le genou. La nuit, la partie de la jambe au-dessous du bandage était devenue gonflée et douloureusement tendue, me donnant ainsi un sens beaucoup plus aigu de la sensation et facilitant le repérage du moindre glissement de la cheville de Mme Crandon ou la flexion de ses muscles. Elle portait des bas de soie et, au cours de la séance, ses jupes étaient bien remontées au-dessus de ses genoux.

L’une des démonstrations fructueuses qu’elle avait faites et qu’aucun des membres du Comité n’avait pu expliquer, impliquait l’utilisation d’une cloche électrique enfermée dans une boîte de 35 cm de long sur 15 de largeur et 12 de profondeur.

Cette boîte était fermement attachée sur tous les côtés, sauf le haut qui était recouvert de planches. À l’intérieur de la boîte avec la clochette il y avait des batteries sèches qui faisaient sonner la cloche à chaque fois qu’une certaine pression au sommet de la boîte refermait le circuit. Dans les séances précédentes, lorsque cette boîte avait été placée devant Mme Crandon et que tous pensaient l’avoir parfaitement contrôlée (les mains et les pieds maintenus pour qu’ils puissent détecter n’importe quel mouvement) la clochette avait été actionnée à plusieurs reprises et l’explication donnée était que « Walter », le frère mort de la médium, avait fermé le circuit. Non seulement la sonnette avait sonné mais elle avait été utilisée selon un code, répondant aux questions.

Le soir en question, la boîte à cloche était placée entre mes pieds, mon pied droit entre elle et le pied gauche de Mme Crandon. Au fur et à mesure que la séance progressait, je pouvais sentir sa cheville lentement et spasmodiquement glisser, comme elle pressait contre la mienne, alors qu’elle gagnait de l’espace pour soulever son pied du sol et toucher le haut de la boîte. Au sens ordinaire du toucher, le contact aurait semblé le même pendant qu’elle faisait celà. Parfois, elle disait :

« Il suffit de presser fermement contre ma cheville pour que vous puissiez voir que ma cheville est là », et comme elle a pressé, j’ai pu sentir son gain d’un autre centimètre.

Quand elle eu finalement manœuvré son pied jusqu’au point où elle pu atteindre le sommet de la boîte et faire retentir la clochette, j’ai parfaitement senti les tendons de sa jambe fléchir et se raidir lorsqu’elle toucha à plusieurs reprises l’appareil sonore. Il n’y a aucun doute dans mon esprit à ce sujet. Elle a fait ça. Puis, quand la sonnerie fut terminée, j’ai clairement senti sa jambe glisser de nouveau dans sa position d’origine avec son pied sur le plancher à côté du mien.

Au cours de la seconde entracte, « Walter » a demandé une plaque éclairée pour la placer sur le couvercle de la boîte qui maintenait la cloche et Bird est allé la chercher. Cela a laissé la main droite et le pied de la médium libre. Bird avait du mal à trouver la plaque et pendant qu’il cherchait « Walter » a soudain appelé au «contrôle».

Mme Crandon mit sa main droite dans la mienne et me fit comprendre que j’avais ses deux mains. On demanda à Bird de se tenir debout dans la porte, mais sans préavis, avant qu’il puisse obéir, le cabinet fut renversé violemment. La médium m’a alors donné son pied droit en disant :

– Vous avez maintenant les deux mains et les deux pieds.

Puis « Walter » a crié:

– Le mégaphone est en l’air. Demande à Houdini de me dire où le jeter.

– A moi, répondis-je, et en un instant il tomba à mes pieds.

La façon dont elle a fait ces deux trucs est la suivante : quand Bird a quitté la pièce, il a libéré son pied droit et sa main. Avec sa main droite, elle pencha le coin du cabinet suffisamment pour positionner son pied libre dessous, puis ramassa le mégaphone qu’elle se posa sur la tête, à la manière d’un bonnet. Puis elle jeta le cabinet avec son pied droit. En faisant cela, j’ai senti distinctement que son corps poussait et balançait comme si elle avait fait un brusque et vigoureux mouvement en avant. Dès que cela c’est produit, « Walter » a appelé à « un meilleur contrôle » et elle m’a donné son pied droit. Alors elle a simplement secoué la tête, faisant tomber le mégaphone à mes pieds. Bien sûr, avec le mégaphone sur sa tête, il était facile et simple pour elle de me demander, à moi ou à quelqu’un d’autre, de tenir ses deux pieds et ses deux mains, elle pouvait encore jeter le mégaphone avec sa tête dans n’importe quelle direction demandée. C’est la ruse la plus astucieuse que j’ai jamais détectée, et elle a converti tous les sceptiques.

Le lendemain, Mme Crandon nous a dit qu’il était impossible de donner un coup de pied ou de pousser le cabinet car il était articulé de l’intérieur et était doublé au milieu, mais cet après-midi Mr. O.D. Munn et moi sommes montés seuls, et tout en m’asseyant dans la chaise du médium, j’ai mis mon pied droit sous le coin droit du cabinet et je l’ai facilement incliné de telle sorte que le moindre mouvement l’aurait fait tomber.

La deuxième séance de Mme Crandon à laquelle j’ai assisté, était le soir du 24 juillet, à l’hôtel du professeur Comstock. À ce moment-là, j’ai découvert sans aucun doute qu’elle utilisait sa tête et ses épaules pour repousser la table. Son grand atout pour déguiser les mouvements musculaires qu’elle utilisait en faisant cela était le fauteuil dans lequel elle siègeait. Comme elle est exceptionnellement forte et a un corps athlétique, elle peut appuyer ses poignets si fermement sur les accoudoirs de la chaise qu’elle peut déplacer son corps et le balancer à volonté sans que les observateurs, qui tiennent ses mains, ne détectent aucun mouvement.

Ce soir-là, j’étais en charge de sa main gauche qui reposait légèrement sur la paume de ma droite. Avec mon index je pouvais sentir son pouls. En fait, j’ai utilisé le système secret du «toucher et de la tactique» de l’esprit ou du muscle exécutant (j’ai réalisé des performances ou des tests dans ce domaine), guidé par la plus infime indication musculaire afin de trouver un truc caché. J’ai été capable de détecter presque chaque mouvement de sa part. Souvent elle étendait ses bras pour les reposer et une fois je l’ai attrapée à utiliser ce mouvement comme un subterfuge, laissant seulement son coude sur la chaise pendant qu’elle poussait la table avec sa tête.

«Walter», son guide et son aide, est très autocratique, demandant rarement quoi que ce soit mais à chaque fois qu’il le faisait c’était de manière très directive. Et ce soir il a ordonné à tout le monde de se retirer de la table autour de laquelle nous étions assis afin qu’il puisse rassembler sa force. C’était tout simplement une autre ruse de la part de la médium, car quand tout les autres reculaient, elle reculait aussi et cela lui donnait assez de place pour baisser la tête et pousser la table de bas en haut. Je l’ai surprise à faire cela deux fois.

Avant d’aller à la séance Mr. O.D. Munn et moi avions décidé d’explorer les choses à notre convenance et avions conçu un code fait de signaux. A la séance, il était assis à ma gauche dans le cercle, je tenais sa main droite. Au premier mouvement de la table, j’ai poussé sa main dessous et je l’ai lâché, j’ai alors commencé à tâtonner avec ma main gauche. En faisant cela, j’ai senti la tête de Mme Crandon au bord de la table, la poussant vers le haut et vers l’avant jusqu’à ce que la boîte avec la cloche ai glissée sur le sol. Je me suis approché et ai chuchoté à Mr. O.D. Munn ce que j’avais détecté. Ensuite, pour vérifier et m’assurer de la tromperie, j’ai tendu la main dans l’obscurité et elle a dirigé sa tête directement contre mes doigts tendus. Je ne pense pas qu’elle ait été plus surprise que moi. Elle a alors dit quelque chose à propos de la perte d’épingles à cheveux et après la séance ses cheveux étaient relâchés. Cela a été réalisé pour l’effet et pour compenser ma découverte.

Pendant que je savais qu’elle utilisait toujours sa tête, j’approchait l’oreille de Mr. O.D. Munn à mes lèvres et lui chuchota:

– Je vais la dénoncer et la dévoiler maintenant?

– Tu ferais mieux d’attendre un moment, répondit-il.

– C’est le moment, ai-je pressé.

– Non, pas avant quelque temps, répondit-il.

Après cette démonstration, nous entreprenons à nouveau le test de la clochette. La boîte fut placée entre mes pieds, avec sa cheville contre mon pied droit, comme la nuit précédente. J’avais roulé mon pantalon comme la veille. Elle a commencé avec exactement la même tactique, mais rien ne se passa. Enfin elle me dit:

– Vous avez des jarretières, n’est-ce pas?

– Oui, répondis-je.

– Eh bien, la boucle me fait mal, dit-elle.

Je tendis la main pour défaire la jarretière et constata que la boucle avait épinglé son bas si vite qu’elle l’empêchait de glisser sa cheville suffisamment pour combler la distance lui permettant de toucher la clochette. Après avoir retiré la jarretière, elle a été capable d’atteindre la cloche comme elle l’avait fait la nuit précédente. Lorsque l’esprit a demandé à Mr. O.D. Munn combien de fois il voulait que la sonnerie sonne et que M. Munn a dit «cinq», elle a fait un mouvement si audacieux avec sa cheville pour atteindre la boîte que je crois qu’elle a eu l’impression que j’étais sérieusement dupé, ou que j’allais l’aider comme les autres. Après les cinq tapotements sur la cloche, elle glissa son pied en bonne position sur le plancher à côté du mien.

Quand la séance fut terminée, Mme Crandon quitta la pièce pour s’habiller pour sortir. J’ai demandé à Mr. O.D. Munn d’appeler le Comité dans une pièce et j’ai expliqué la ruse que j’avais découverte et il y eu une discussion sur la question de savoir si je devais exposer la médium de suite ou après notre retour à New York. Le Comité a finalement décidé que nous devrions retourner à New York d’abord, que Mme Crandon ne devait pas être informée que je l’avais détectée, et je devais faire une déclaration sous serment pour le Comité explicitant les détails de mes découvertes. Bird s’opposait à mes exigences pour qu’elle soit dévoilée le plus rapidement possible, mais j’ai rappelé à son attention la rapidité avec laquelle il avait exposé les précédents médiums et il a répondu:

« Nous allons faire différemment cette fois. »

J’ai fortement soupçonné ses motifs et je les ai expliqué à Mr. O. D. Munn directement après notre départ.

Immédiatement après cette séance, Mr. Munn et moi sommes partis pour New York, toutefois Bird est resté pendant trois jours à titre d’invité chez le Dr. et Mme Crandon. Plus tard, lorsqu’il fut rappelé à l’ordre par Mr. O. D. Munn, il admit qu’il leur avait donné des informations concernant mes découvertes et les entrevues du comité. Avant de quitter mon hôtel cette nuit-là, j’ai écrit la lettre suivante que j’ai remise à Mr. O. D. Munn, lui disant en même temps que je ne voulais pas que Bird écrive un compte rendu de mes découvertes.

Le 24 juillet 1924.

THE COPLET-PLAZA,

BOSTON.

CHER Mr. MUNN,

S’il vous plaît, permettez-moi de consulter l’article soumis avant qu’il ne soit publié, car les autres articles n’ont jamais été écrits de manière à situer les choses comme il se doit devant le public. M. Bird, en votre présence, a déclaré qu’il croyait que le médium était cinquante pour cent authentique, alors que ce soir il n’y avait aucune chance que quoi que ce soit n’ai été accompli par «Walter», mais bien par elle-même. En fait, elle est à cent pour cent de tromperies ou fraudes suite à la première séance à laquelle j’ai assisté, après qu’il y en ai eu quarante ou plus. Je vous demande, dans toute votre impartialité, que dans l’avenir M. Bird ne soit pas autorisé à envoyer un rapport au nom du Comité, sauf si le Comité a lu le compte-rendu et a convenu qu’il devrait être publié.

(Signé) HOUDINI

À cette époque, le numéro de septembre du Scientific American était sur la presse et il y avait un autre article de Bird dans lequel il parlait de la «merveilleuse médiumnité de Margery». La première chose que Mr. O. D. Munn a faite lorsque nous sommes arrivés à New York était d’arrêter les presses et rejeta cet article de Bird.

– Houdini, stopper les presses et refuser cet article de Bird est une proposition assez coûteuse, a-t-il déclaré.

– Oui, répondis-je, mais cela sauvera la réputation du Scientific American, et c’est bon marché à ce prix. Bird n’a pas un penny investi dans votre magazine, mais il l’utilise pour répondre à ses propres besoins.

Il a évidemment été d’accord avec moi et, par conséquent, lorsque le numéro de septembre est sorti, il n’y avait pas de référence à l’enquête. Les articles de Bird dans le Scientific American étaient tellement inutiles, si irréels et si dangereux que le Dr Prince et moi-même avons convenu qu’ils devaient s’arrêter, car Bird faisait des déclarations comme si le Dr Prince était d’accord avec lui, ce qui n’était pas le cas, et cela mettait en péril sa réputation et sa position. Le Dr Prince était si préoccupé par cette question qu’il m’avait dit qu’il allait démissionner et je lui ai répondu s’il le faisait, je devrais également mettre fin à mes relations avec le Comité.

J’ai ensuite fait un voyage spécial pour voir Mr. O.D. Munn, lui expliquant la situation et je lui ai dit que si nous allions à Boston encore une fois, je voulais que le Dr Prince soit retenu au Comité et pris avec nous, car j’avais parfaitement confiance dans son intégrité. J’ai eu le Dr Prince au téléphone et lui ai demandé de venir immédiatement au bureau du Scientific American, ce qu’il a fait, et avant de partir, il a accepté de ne pas démissionner si les conditions suivantes étaient respectées :

1. Aucun rapport d’expériences que les juges doivent faire à chaque stade de l’enquête, et aucun avis, positifs ou hésitant, concernant leurs résultats ou leur qualité, ne sera rendu public, que ce soit dans le Scientific American, ou dans toute autre publication avant la conclusion de la série dont il est question. Non seulement la direction de Scientific American, mais aussi tous les juges acceptent cela.

2. Aucun représentant du Scientific American ne doit attribuer au Comité des Juges, dans ce périodique ou ailleurs, des conclusions ou des avis qui ne sont pas strictement autorisés par la déclaration officielle de ce Comité, lequel, sauf si suffisamment de membres participent à l’expérience, établira son propre rapport de conclusions. Si les membres individuels du Comité sont cités ou des opinions ou des actes leur sont attribués, les noms de ces membres doivent être indiqués dans le rapport.

Il a également fait cette suggestion :

Je suis conscient que beaucoup de gens ne savent pas clairement que les juges ne s’intéressent pas au facteur financier impliqué dans l’offre de prix et qu’ils sont tout à fait indépendants du Scientific American. Cela découle probablement du fait que l’un des rédacteurs de ce périodique à été nommé secrétaire des juges et que les décisions des juges aient invariablement et exclusivement été incorporés à ces articles. Je suggère que le titre «Secrétaire du Comité des juges» ne soit plus pris en charge par un membre du personnel du Scientific American et que la décision officielle du Comité des juges, qu’elle soit ou non incorporée à l’article décrivant les séances, devra apparaître sous un titre distinct, avec les noms des membres participants inclus.

Mais bien que Mr. O. D. Munn ai assuré au Dr Prince qu’il croyait que sa position était parfaitement correcte, que ses conditions et ses suggestions seraient respectées et qu’il donnait à Bird des instructions écrites à suivre, il ne fallu pas longtemps avant que le Dr Prince et moi-même ne soyons forcés de nous opposer aux articles de journaux avec des titres tels que: « LA MEDIUM DE BOSTON DEROUTE LES EXPERTS », « LES SCIENTIFIQUES PREVOIENT PLUS D’ESSAIS », « HOUDINI LE MAGICIAN BOUCHE BEE », « SURPRISE DES SCIENTIFIQUES AVEC DES REVELATIONS, LE POUVOIR PSYCHIQUE DE MARGERY ETABLI POUR LA PREMIERE FOIS », « LES EXPERTS CHERCHENT VAINEMENT LES TROMPERIES DANS LA DEMONSTRATION SPIRITE » … Et des déclarations qui, comme l’a dit le Dr Prince, ont montré que si Bird était correctement mentionné, il racontait aux journalistes une chose et nous l’autre. En fait, nous avons paru incapables de freiner Bird avant d’avoir répondu à mon objection acharnée à son introduction dans la salle de séances et le Dr Prince avait de nouveau insisté pour que sa démission soit acceptée à moins que nous puissions avoir une garantie plus sûre que rien ne serait dit avant que la série de séances ne soit terminée.

À la suite des séances des 23 et 24 juillet 1924, le Dr Prince, le Dr Comstock et M. O.D. Munn m’ont demandé de construire une sorte de dispositif confortable pour la médium qui l’empêcherait d’utiliser l’une des tactiques que j’avais détecté, comme le déplacement de ses mains et de ses pieds. Cela a été accepté par l’ensemble du Comité et je me suis mis à réaliser un coffret qui était entièrement fermé, sauf les ouvertures pour le cou et les bras du médium.

Il a été convenu que le Comité se réunisse à Boston le 25 août. Je suis monté de New York en prenant le cabinet-box, accompagné de mon assistant au cas où il y aurait des changements à apporter. La première séance, qui a eu lieu le même soir, était dans une chambre du Charlesgate Hotel 3)Les tests finaux ont été organisés au Harvard College, mais en raison du fait que le professeur McDougall voyageait, le Dr Comstock pensait qu’il valait mieux ne pas y aller, mais plutôt dans un endroit neutre et nous avons tous accepté d’utiliser son hôtel.. Avant la séance à laquelle le Comité était présent, Mme Crandon a donné une séance privée où il y aurait eu des phénomènes merveilleux.

À la séance officielle, la boîte avec la cloche a été placée sur une table devant le cabinet-box. Comme le couvercle de l’armoire n’était fixé que par deux bandes de laiton minces, Mme Crandon, en soulevant ses épaules, pouvait forcer le couvercle et sonner la cloche avec sa tête. Ils ont essayé de faire croire que « Walter » avait forcé l’ouverture du coffret, ce qui était évidemment un effort considérable pour cacher les faits.

Comment était la cabinet-box la première nuit. L’avant a été poussé par la médium, il était maintenu en place seulement par deux petites bandes de laiton.

Alors que nous étions dans une autre pièce, après la séance, j’ai constaté qu’il manquait le Dr et Mme Crandon et je suis entré dans la salle où la séance s’était tenue. Je les ai découvert en train de parler à voix basse du cabinet-box. Leurs dos étant vers moi, ils ne m’ont pas vu entrer et je les ai regardé mesurer l’intervalle dans lequel le cou était contenu. Avant cela, ils avaient insisté pour que cette ouverture soit plus grande, mais lorsqu’on leur a parlé à nouveau, ils ont dit qu’ils étaient satisfaits et qu’il pouvait rester tel qu’il était.

Comment elle a poussé vers le haut la partie avant du cache et l’a ouverte.

Cette nuit-là à l’hôtel, après la séance, alors que Mr. O. D. Munn et moi étions en train d’en parler, il m’a dit qu’il voulait que la prochaine séance soit un échec total car nous devions arrêter les idioties. Pour ce faire, l’après-midi suivant, j’ai réparé le coffret pour que nous puissions verrouiller la partie avant avec quatre supports, des agrafes et des cadenas de telle sorte qu’il n’y ait aucune chance que les couvercles soient forcés. Mr. O. D. Munn m’a dit qu’il s’était arrangé pour ne pas avoir Bird aux séances des 25, 26 et 27 août. Bird, bien qu’à Boston, était absent la soirée du 25, mais était venu le 26 et a demandé à savoir pourquoi, sans aucune excuse, il avait été littéralement et sans cérémonie exclu, la porte claquée au nez, et quelles étaient nos objections à sa présence.

Le Dr Prince et moi-même, compte tenu des divulgations que Bird avait faites, considérions qu’il était préférable de le faire savoir. Le Dr Prince est un meilleur diplomate que moi. J’ai dit ouvertement :

La médium peut se pencher sur plus de 58 cm et toucher la cloche avec le front, malgré le fait que les deux mains soient maintenues. Tout cela a lieu dans le noir.

– Je m’oppose à ce que M. Bird soit dans la salle de séance parce qu’il a trahi le Comité et entravé son travail. Il n’a pas gardé pour lui ce qui lui a été dit dans la plus grande confiance, comme il le devrait en tant que secrétaire du Comité.

Il a nié cela, mais j’ai attiré son attention sur le fait que Mme Crandon m’avait raconté un certain nombre de choses qu’il connaissait et qu’il avait admis à Mr. O. D. Munn qu’elle lui avait soutiré des informations.

– Eh bien, alors je vais démissionner de mon rôle de secrétaire du comité !, s’est-il exclamé.

– Ce n’est pas nécessaire, ai-je répondu, selon la lettre écrite par le Dr Prince, dont les conditions ont été acceptées par Mr. O. D. Munn, vous ne pouvez parler que pour vous-même et non pour le Comité.

Mais le Comité a décidé d’accepter sa démission, c’est une question de formalité, et le Dr Prince a été élu secrétaire. Bird quitta la pièce. Après s’être débarrassé de Bird, et les examens préliminaires habituels terminés, la séance a continué. Le Comité m’a demandé de construire une entrave-humaine-anti-fraude pour contenir le médium, et en pensant à ce qu’il serait nécessaire pour me rendre incapacitant, j’ai corrigé le cabinet-box. Ensuite, en pensant aux moyens possibles de battre le Comité, il m’est apparu que si j’étais le médium, après que le coffre ait été fermé , je pourrais me préparer, avec l’aide de quelque instrument dissimulé, à toucher la cloche pendant que le Comité fixait les verrous.

Deuxième nuit, quatre coussins et des agrafes supplémentaires ont été placés sur la boîte du cabinet, de sorte que la médium ne puisse pas forcer le devant de la boîte comme elle l’avait fait la première nuit.

Ayant ceci à l’esprit, je lui ai permis la plus grande des libertés alors qu’elle entrait et était enfermée dans le coffre, mais alors que je me tenais sur le côté, j’ai soigneusement regardé son visage et je pouvais dire, à la manière qu’elle avait de tenir son cou qu’elle était en train “de chercher” quelque chose. J’ai alors demandé au Dr Prince de tenir sa main droite et j’ai pris le contrôle de sa gauche, qu’elle a sorti de l’ouverture à ma demande. Elle était maintenant enfermée dans la cabine avec sa tête et ses bras en saillie. En croyant qu’elle avait quelque chose de caché, j’ai répété à plusieurs reprises au Dr Prince de ne pas lâcher sa main droite jusqu’à ce que la séance soit terminée et que le coffre ait été déverrouillé.

J’ai répété cela tellement de fois que le Dr Prince, ne sachant pas ce que j’avais à l’esprit, l’a tout naturellement ressenti, pensant que je croyais qu’il n’avait pas compris. Finalement, Mme Crandon m’a demandé sèchement ce que j’insinuais en disant cela si souvent.

– Voulez-vous vraiment savoir ? Ai-je demandé.

– Oui, répondit-elle.

– Eh bien, je vais vous le dire. Dans le cas où vous auriez introduit quoi que ce soit dans le cabinet-box, vous ne pourrez pas le cacher car vos deux mains sont sécurisées

et tant qu’il en sera ainsi, elles ne vous seront d’aucune aide.

– Vous voulez me fouiller ? A-t-elle demandé.

– Non, peu importe, laissez tomber. Je ne suis pas médecin, lui ai-je dit.

Le devant du couvercle est ouvert et la médium peut sonner avec sa tête. S’allonger et ne pas faire de mouvements musculaires perceptibles.

Peu de temps après, « Walter » est apparu dans le cercle en disant :

– Houdini, vous êtes très habiles, mais cela ne fonctionnera pas. Je suppose que c’était un accident, ces choses laissées dans le cabinet ?

– Qu’est-ce qui à été laissé dans le cabinet ? Ai-je demandé.

– Etait-ce un pur accident ? Vous n’étiez pas là, mais votre assistant oui.

 

« Walter » poursuivit et puis déclara qu’une règle serait trouvée dans le cabinet-box, sous un coussin au pied du médium, et m’a concrètement accusé de l’avoir placé là pour éveiller des soupçons envers sa sœur dans une violente explosion de rage durant laquelle il s’est exclamé :

– Houdini, espèce de *******, sors d’ici et ne reviens jamais ! Et si tu ne sors pas, je m’en charge !

C’était simplement l’expression des sentiments de Mme Crandon envers moi car elle savait que je l’avais piégée, et malgré toutes les objections, j’ai insisté pour que cette remarque abusive fasse partie du compte rendu. Le Dr Comstock a ensuite suggéré qu’en travaillant autour du coffret, il était possible pour quelqu’un de déposer une règle dedans accidentellement.

 

 

La médium à l’intérieur et les trous pour les bras fermés.         La mise en place de la règle permet au médium de la placer de façon à pouvoir sonner la clochette.

Pensant que mon assistant aurait pu oublier ou laisser tomber la règle, j’ai dit que si ce n’était pas la sienne, je ferais une déclaration, mais j’ai particulièrement insisté sur le fait que quelqu’un devrait lui en parler avant que je ne le fasse. Ainsi monsieur O. D. Munn a quitté la pièce et l’a ramené. L’assistant a assuré à Munn qu’il ne savait rien et nous a dit la même chose, en précisant que ce ne pouvait pas être la sienne car il l’avait dans sa poche. Il l’a ensuite sortie et nous l’a montrée. Je l’ai fait solennellement prêté serment sur ses déclarations et il a quitté la salle.

La séance s’est ensuite déroulée pendant un certain temps sans résultats et, à mon avis, le cabinet-box a été ouvert. Pendant ce temps, le Dr Prince et moi gardions fermement serrées les mains de la médium. Après qu’il ai été ouvert, j’ai fait une recherche et, bien sûr, au fond du cabinet, il s’agissait d’une règle nouvelle et bon marché, de deux pieds, qui se pliait jusqu’à six pouces de longueur.

En ce qui concerne cette règle trouvée dans la boîte, j’accuse Mme Crandon de l’avoir passée en douce. Lorsqu’elle était pliée, elle n’avait que six pouces de long et elle aurait pu le faire. La sténographe, Mlle McManama, qui l’a examinée était incompétente sur le sujet et le lecteur trouvera, en regardant les dossiers, que d’autres médiums ont dissimulé des instruments ou des personnes que ceux qui les ont examinés n’ont pas découvert, mais qui l’ont été plus tard lorsque les médiums ont été attrapés par des enquêteurs.

Faire usage du menton pour forcer la régulation qui sonne, explique pourquoi le médium introduit en contrebande la règle.

À sa suggestion, il avait été convenu que dans la deuxième partie de la séance, les trous pour les bras dans le coffret de l’armoire devaient être barricadés, avec ses mains libres à l’intérieur et sans contrôle. Cependant, elle aurait pu facilement bloquer la règle en-dessous de son cou et sonner la cloche qui était directement devant elle, sur la table, à la distance exacte de 21,59 centimètres.4)L’espace permettant celà était de 45 cm de circonférence. Et la veille, elle avait démontré qu’elle pouvait pousser les trois quarts de sa main au-delà de son cou. C’est là qu’elle essaya l’espace pour voir si elle pouvait trouver quelque chose pour appuyer sur le panneau qui contrôlait la cloche. Mme Crandon, sachant qu’elle avait été attrapée, a fabriqué cette accusation afin de s’innocenter.

La précédente description des événements de la séance du 26 août 1924 est corroborée à tous égards par le procès verbal officiel signé par le Comité.

La condition du coffret de l’enceinte après que je l’ai renforcé en plaçant des grappes et des agrafes supplémentaires sur le même

Sachant tout celà, je souhaite attirer l’attention sur le fait que J. Malcolm Bird doit lui avoir mit l’idée dans la tête, parce que lorsque j’ai décrit la fraude que j’avais détectée lors de la première séance à laquelle j’ai assistée, il a déclaré :

– Vous devriez faire attention si vous touchez sa tête, qu’elle ne dise pas : « vous m’avez tiré la tête vers le bas”.

Dans l’après-midi du 27 août, Mr. O. D. Munn, le Dr Prince, Mme Crandon et moi-même sommes allés à un dîner, loin de Boston. À cette époque, elle m’a dit avoir appris que j’allais la dénoncer, dire qu’elle était une falsificatrice et que je l’avais appelée menteuse. Je lui ai demandé de me dire qui lui avait raconté ces choses, mais elle m’a dit qu’elle avait promis de ne rien dire. En revanche, elle demanderait la permission afin que je puisse faire face à mon accusateur. Je lui ai répété à plusieurs reprises que Bird avait ouvertement avoué qu’alors qu’il résidait chez elle, il était contraint de lui dire des choses et qu’elle lui avait progressivement soutiré des informations. Mais elle a insisté sur le fait que Bird ne lui avait rien dit.

Je lui ai rappelé ce qu’elle m’avait dit le 24 juillet, le lendemain de la première séance, quand elle n’a pas apprécié mon rapport défavorable au Comité (où j’expliquais que j’avais remarqué que son pied avait tapoté la sonnette) et comment, à ce moment-là, elle avait admis que Bird le lui avait raconté, mais m’avait demandé de ne rien dire à Bird à ce sujet.

Le même jour, le 24 juillet, j’ai protesté contre Mr. O. D. Munn en présence de Bird contre sa trahison de notre confiance. Bird l’a nié, mais j’ai souligné qu’il avait été le seul à lui parler. J’ai parlé à Mr. O. D. Munn de tout cela avant que Mme Crandon, le 27 août, ai déclarée que Bird avait admis avoir raconté que j’avais détecté sa fraude.

MRS CRANDON ME MENACE

Ayant peur que je l’aie dénoncée de la scène du Keith’s Theatre, elle m’a dit:

– Si vous me faites passer pour ce que je ne suis pas sur scène chez Keith, certains de mes amis vont vous donner une bonne correction.

– Je ne vais pas vous présenter sous un faux jour, ai-je répondu, ils ne me frapperont pas sur scène, et je ne me ferais donc pas corriger.

– Alors c’est ton esprit contre le mien, dit-elle lentement alors qu’elle me regardait furtivement.

– Oui, certainement, c’est exactement ce que c’est, lui ai-je dit.

Elle me parla alors à plusieurs reprises de son garçon de douze ans et me dit qu’elle ne voudrait pas qu’il grandisse et qu’il lise que sa mère est une arnaqueuse. Ce à quoi j’ai répondu:

– Alors n’en soyez pas une.

COMSTOCK A ÉGALEMENT RÉALISÉ UNE SÉANCE NULLE

À la séance du 27 août, le docteur Comstock a insisté sur le fait que la médium place ses pieds dans une boîte de contrôle en bois qu’il avait amené. C’était un dispositif dans lequel le médium et un observateur, assis à l’opposé, mettaient leurs deux pieds dans une boîte qui remontait jusqu’aux genoux. Elle était construite de telle sorte qu’une planche pouvait se refermer sur les genoux des deux personnes, empêchant parfaitement le retrait des pieds. La boîte avec la cloche a été placée à l’extérieur de cette boîte de contrôle, juste à sa gauche. Aucune table ou rien d’autre n’a été placé devant elle. Alors que nous étions assis là, attendant que quelque chose se produise, et que sa réputation dépendait de mon rapport : il y avait une …

OFFRE A DIX MILLE DOLLARS.

Mme Crandon a fait remarquer qu’elle aimerait que je sois saisie d’une transe car ce serait une chose merveilleuse, et son mari se tournant vers moi a déclaré :

– Un jour, Houdini, vous verrez la lumière et si cela devait se passer ce soir, je donnerais volontiers dix mille dollars à une charité .

– Celà peut arriver, répondit-je, mais j’en doute.

– Oui, monsieur, répéta le Dr Crandon, si vous venez à être convertis ce soir, je donnerais volontier 10 000 $ à une association de bienfaisance.

Après une heure d’attente où rien ne s’est produit, la séance s’est soldée par un parfait échec, et j’aimerais attirer particulièrement l’attention sur le fait que dans cette séance avec rien en face d’elle sur quoi utiliser sa tête, et celle où elle était contrôlée avec la boîte que j’ai construite, sous le contrôle du comité, rien ne s’est produit 5)Comme la cabinet-box empêchait la médium d’utiliser les pieds, la tête ou les épaules. Ses mains étant bien tenues par le Dr Prince et moi-même, il n’y avait pas de manifestations et les séances échouaient. S’adressant à moi, Mme Crandon a déclaré: « Je ne crois pas qu’un médium puisse se manifester dans ces conditions ». « Eh bien, ai-je répondu, je ne suis pas si sûr de ça : Je ne suis pas médium, mais je pourrais encore me permettre de me mettre nu, examiné par votre mari chirurgien, vous contrôleriez l’une de mes mains et le Dr Crandon l’autre, et je pourrais toujours sonner la cloche ou nouer des noeuds dans des mouchoirs qui se trouvent à l’extérieur de la boîte du cabinet.”. « Vous devez posséder un pouvoir psychique alors », a-t-elle répondu. « Non, ai-je répliqué, je suis juste un mystificateur. Aimeriez-vous me mettre à l’épreuve? Je le ferais maintenant ! ». « Cela ne prouverait rien », a commenté le Dr Comstock. « Oh, oui, répondis-je, cela prouverait que ces choses pourraient être accomplies par des ruses. ». Bien qu’elle ait insisté sur le fait que Bird ne lui ai pas donné d’information, elle et son mari connaissaient tous les mouvements que nous faisions. Cela a été prouvé par les questions que le Dr Crandon a posé et par les conditions qu’ils ont réclamés, des conditions qui auraient rendues impossible la détection de fraude si nous n’avions pas recouru à la tactique que j’ai expliquée. Il n’y avait aucune différence dans la manière de faire entre les deux premières séances. Pour aucune raison, excepté le fait d’échapper à la détection d’une fraude, des changements radicaux ont étés faits. Le Dr Crandon a insisté sur le fait que Mr O. D. Munn ne devrait pas tenir ma main gauche comme il l’avait fait, mais que le docteur Comstock devait prendre sa place et que ce dernier devait donner sa parole d’honneur qu’il ne me lâcherait pas la main à tout moment et qu’il contrôlerait ma tête. C’était pour m’empêcher, en limitant mes mouvements, toute possibilité de découvrir comment elle sonnait la clochette ou détecter tout instrument qu’elle pourrait utiliser, mais en revanche, lors de plusieurs séances, Bird fut autorisé à parcourir la pièce à volonté et presque toujours avec l’une de ses mains libre.

La lettre suivante envoyée à Dr. Prince est explicite :

le 6 octobre 1924.

WALTER FRANKLIN PRINCE,

AMERICAN SOCIETY FOR PSYCHICAL RESEARCH

EST LEXINGTON AVENUE,

NEW YORK, N. Y.

CHER DR. PRINCE:

En examinant soigneusement les événements aux séances de Margery, c’est-à-dire les séances avec Mme L. R. G. Crandon, et en raison d’autres informations en ma possession, je demande que Hereward Carrington soit relevé de ses fonctions en tant que membre du Comité d’investigation du Scientific American. Je suis prêt à justifier cette demande à un moment mutuellement acceptable pour le Comité et moi-même. Cordialement, sincèrement vôtre,

HOUDINI.

 

Par conséquent, j’accuse spécifiquement Mr J. Malcolm Bird d’avoir trahi les arrangements pris dans une rencontre privée du Comité et j’estime que les enregistrements de certaines séances dans lesquelles Bird et Carrington ont participés sont d’une telle nature que je dois les regarder avec une grande suspicion. Le Dr Crandon, en date du 19 août, a rédigé une déclaration disant le Comité avait tenu quatre-vingt dix séances, desquelles il détenait les documents originaux. La majorité de ces séances ont été suivies par Bird ou Carrington et parfois par les deux, mais pour des raisons plus connues par Carrington, il a jugé souhaitable de ne pas participer aux séances où j’étais présent, et bien que ce soit son droit d’y être, il s’en est tenu à l’écart. Il semblerait étrange pour tout esprit ordinaire, que lorsque les séances furent contrôlées par l’un ou l’autre de ces hommes, les manifestations les plus merveilleuses se sont produites, mais que lorsque le médium a été correctement surveillé et contrôlé, rien ne s’est passé.

Connaissant, fort de plus de trente ans d’expérience, ce qu’il faut rechercher dans les séances et vu ce que j’ai détecté à chaque séance avec cette médium… S’il n’y avait pas de complicité entre eux et si Bird et Carrington avaient validés les rapports des séances précédentes comme étant authentiques, alors la conclusion est irréfutable : ils ne sont pas qualifiés pour siéger au comité et juger des enquêtes spirites.

J’accuse Mme Crandon de pratiquer ses exploits quotidiens comme un prestidigitateur professionnel. Aussi, en raison de sa formation en tant que secrétaire, de sa longue expérience en tant que musicienne professionnelle et de sa constitution sportive, elle n’est pas si simple et naïve, mais plutôt une femme habile et rusée, extrêmement ingénieuse, et profitant de toutes les occasions pour produire une « Manifestation « .

Je n’ai pas d’abord soupçonné que le Dr Crandon était l’associé de sa femme. L’un et l’autre ont raconté une histoire sur le professeur James qui, étant un jour en conférence dans sa classe, a démontré l’effet de l’électricité sur le cœur d’une grenouille, alors que pour une raison quelconque la batterie n’avait pas fonctionné. Le Professeur avait alors produit le mouvement avec son doigt pensant que, comme il expliquait un fait accepté, la tromperie était excusable. Je pense que le Dr Crandon croit que la tromperie en relation avec les pouvoirs de sa femme est également excusable. Je crois maintenant beaucoup de choses au sujet du Dr Crandon, et, considérant sa femme au-dessus des soupçons, il lâche probablement sa main sans le signaler.

Je voudrais ajouter que le Dr Prince, dans son rapport original, soupçonnait fortement le recours à la prestidigitation et je dois noter qu’il a fallu mes trente années d’expérience pour la détecter réellement dans ses mouvements subtils. Ils peuvent ne pas sembler si brillants lorsqu’on les étudie à la lumière du jour, mais dans une pièce noire, il n’est pas étonnant qu’une manipulatrice aussi douée ait complètement trompé les enquêteurs.

Ce qui précède est un bref compte rendu de ce que j’ai facilement et immédiatement discerné dans l’obscurité absolue aux cinq séances auxquelles j’ai assisté, et si la médium a d’autres méthodes ou des méthodes améliorées, ou si elle prétend posséder un soi-disant pouvoir psychique, je serais heureux d’assister à d’autres séances avec elle en tant qu’inspecteur.

Étant conscient que Dame Nature finira par exiger son dû et me rendant compte que je ne serai plus ici pour faire un compte rendu personnel de mon rapport avec ces séances, je considère comme un devoir que je dois au public d’exposer les faits ci-dessus pour les générations futures.

La plaque éclairée (ou la planche) a été placée sur le dessus de la boîte à cloche dans la longueur, comme dans la figure B, la boîte à cloche étant entre mes pieds, mais la longueur de la plaque me permettant de joindre mes deux pieds, car je voulais voir la direction d’où viendrait la pression, la médium serait capable de la forcer la dites plaque. J’ai finalement placé la plaque sur la boîte comme dans la figure C, ce qui lui a permis de placer son pied dessus et d’appuyer sur la cloche.
La médium est contrôlée. La boîte à cloche placée sur le sol soit à gauche soit à droite. Peu de temps après, la cloche sonne et les enquêteurs sont convaincus de l’authenticité des pouvoirs psychiques de la médium.
Sous le couvert de l’obscurité, elle déplace furtivement la chaise au cours de la conversation jusqu’à ce que le bas de la chaise abaisse le volet articulé qui actionne le contact et la sonnerie de la cloche.

 

In  Houdini exposes the tricks used by the Boston medium « Margery » to win the 2500 dollars prize offered by the Scientific American, Adams press publishers, 1924


Source : http://www.iapsop.com/ssoc/1924__houdini___boston_medium_margery.pdf

 

Merci aux personnes qui nous ont aidées pour la traduction.

Si vous voyez des choses améliorables en terme de traduction (il y en a à coups sûr), n’hésitez pas à nous contacter !

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Notes   [ + ]

1. Voir A Magician among the spirits, page 230
2. Propriétaire du Scientific American, NDT
3. Les tests finaux ont été organisés au Harvard College, mais en raison du fait que le professeur McDougall voyageait, le Dr Comstock pensait qu’il valait mieux ne pas y aller, mais plutôt dans un endroit neutre et nous avons tous accepté d’utiliser son hôtel.
4. L’espace permettant celà était de 45 cm de circonférence. Et la veille, elle avait démontré qu’elle pouvait pousser les trois quarts de sa main au-delà de son cou. C’est là qu’elle essaya l’espace pour voir si elle pouvait trouver quelque chose pour appuyer sur le panneau qui contrôlait la cloche.
5. Comme la cabinet-box empêchait la médium d’utiliser les pieds, la tête ou les épaules. Ses mains étant bien tenues par le Dr Prince et moi-même, il n’y avait pas de manifestations et les séances échouaient. S’adressant à moi, Mme Crandon a déclaré: « Je ne crois pas qu’un médium puisse se manifester dans ces conditions ». « Eh bien, ai-je répondu, je ne suis pas si sûr de ça : Je ne suis pas médium, mais je pourrais encore me permettre de me mettre nu, examiné par votre mari chirurgien, vous contrôleriez l’une de mes mains et le Dr Crandon l’autre, et je pourrais toujours sonner la cloche ou nouer des noeuds dans des mouchoirs qui se trouvent à l’extérieur de la boîte du cabinet.”. « Vous devez posséder un pouvoir psychique alors », a-t-elle répondu. « Non, ai-je répliqué, je suis juste un mystificateur. Aimeriez-vous me mettre à l’épreuve? Je le ferais maintenant ! ». « Cela ne prouverait rien », a commenté le Dr Comstock. « Oh, oui, répondis-je, cela prouverait que ces choses pourraient être accomplies par des ruses. »

1 commentaire sur “« Margery » la médium dévoilée, par Houdini [trad.]

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