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Le Varroa, dangereux parasite des abeilles [étude]

Cet article est la transcription de ce thread twitter (avec l’aimable autorisation de l’auteur), que nous avons trouvé intéressant :

L’étude est ici :
https://www.pnas.org/content/116/5/1792

Quelques petits rappels :

Le varroa est régulièrement mis en avant comme principal souci de l’abeille loin devant les phytosanitaires (ce que conteste certains apiculteurs et certains syndicats d’apiculteur). Il est présent partout dans le monde ou presque. La grosse exception est l’Australie qui a une veille sanitaire drastique pour rester indemne. Les australiens savent combien l’arrivée du varroa serait une catastrophe pour leurs apiculteurs.

En Europe, quelques îles sont indemnes comme la fameuse île d’Ouessant qui abrite un conservatoire de l’Abeille noire.

Revenons à l’étude.

Cette étude démontre que contrairement à ce qu’on indiquait jusqu’à présent, le varroa ne se nourrit pas de l’hémolymphe (« le sang des abeilles ») mais de tissu adipeux.

Une découverte majeure pour la gestion et la recherche sur ce parasite. Le Dr Samuel Ramsey pense que l’erreur vient de la publication du premier article sur le sujet dans les années 1960. Écrit en russe, de nombreux chercheurs ont choisi de citer les premiers articles en anglais mal traduits.
Ramsey s’est dit que les varroas se nourrissaient d’autre chose que l’hémolymphe. L’hémolymphe d’insecte est très pauvre en nutriments. Pour se développer et se reproduire, les varroas devraient consommer beaucoup plus d’hémolymphe qu’ils ne pourraient en obtenir d’une abeille.

Une recherche en 3 étapes.

1. Il a observé où se positionnaient les varroas .

Principalement en position ventrale.
Les photos qui illustrent le varroa en position dorsale ne représentent donc pas la majorité des cas.

2. Les abeilles ont été nourries à la fois avec une substance lipophile coloriant « rouge » et une autre hydrophile « jaune » pour marquer l’hémolymphe.

Les varroas se sont révélés plutôt rouges, donc consommant des corps gras.

3. Les varroas ont été « élevés » avec des mélanges divers de tissus adipeux et d’hémolymphe

Plus la proportion de corps gras est importante et plus les varroas ont survécus et se sont reproduits… Ce qui explique que tous les tentatives précédentes aient échouées.

Cette découverte est majeure car la perte de tissus adipeux altère la capacité d’une abeille à détoxiquer les pesticides et les prive des réserves vitales d’aliments. Le corps gras est essentiel à la survie des abeilles, selon l’auteur. Cette découverte devrait logiquement réorienter la recherche pour la lutte contre le varroa.
N’oublions que l’acarien est aussi vecteur de maladies et de virus pour l’abeille, comme le DWV.

La recherche sur le #varroa est active partout dans le monde. Par exemple, au Canada, Sabrina Rondeau fait des recherches sur le biocontrôle du varroa.
Malheureusement pour le moment, les résultats ne sont pas à la hauteur des espoirs. Voir ce thread twitter :

Ou cet autre. Là, il s’agissait d’utiliser des extraits de champignons pour améliorer la résistance des abeilles, non pas au varroa mais aux virus :

Sur du long terme, la solution n’est-elle pas dans la sélection d’abeilles résistantes ? L’expérience cubaine semble aller dans ce sens :

Cuba a vu un effondrement de sa population d’abeilles dès l’arrivée de varroa. Les pesticides ne pouvaient pas être la cause de cette chute puisque le pays était sous embargo. Au cours d’une conférence de l’Anses, un point sur cette piste était faite… On y évoque le projet Aristabee, qui tente de sélectionner les abeilles afin de faire émerger une résistance efficace et durable au varroa. On vous engage à y jeter un oeil :

En complément, voici une vidéo de l’INRA, proposée par Joseph Garnier, qui parle de la création de résistance chez l’abeille :

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