Nous voulons des coquelicots, l’appel du lobby BIO ?

Mercredi 12 septembre, parait le manifeste du mouvement des Coquelicots militant pour l’arrêt de tous les pesticides. « Un appel urgent qui doit réunir tous les citoyens », espère Fabrice Nicolino, journaliste rescapé des attentats de Charlie Hebdo. L’appel, lancé à grand renfort médiatique, n’est pas passé inaperçu : Les grands médias ont relayé l’information et à l’heure où j’écris ces lignes la pétition récolte plus de 160 000 signataires… Nous ne débattrons pas ici de la pertinence de cet appel (pour celà, nous vous renvoyons plutôt sur cet article). Sur le fond, un combat écologique est un combat légitime, voire essentiel. En revanche, nous parlerons de la méthode, et de la motivation, pas forcément aussi « citoyenne » que ce que l’on est en droit d’espérer.

« C’est un appel lancé par des humains à d’autres humains. »

D’après ce que l’ont peur lire dans la presse, le texte est supporté par des personnes issues de la société civile, pas particulièrement connues ou médiatiques, des gens de gauche, mais aussi des personnalités proches de la droite catholique, bref, « le reflet de la société française ». Néanmoins parmi ceux-ci, on retrouve très peu de scientifiques et encore moins d’agronomes. Seul le couple Claude et Lydia Bourguignon, les « idiots utiles » de la profession selon l’INRA (cf. Le Monde)1)Leur rencontre à l’INRA conduira finalement à un divorce avec cette institution. Ils y sont aujourd’hui perçus comme des amateurs trop peu soucieux d’étayer scientifiquement leurs discours alarmistes. Ou comme des « idiots utiles », capables d’attirer l’attention sur la fragilité des sols. L’INRA évoque d’ailleurs le sujet dans un colloque, le 26 février, lors du Salon de l’agriculture. in https://www.lemonde.fr/planete/article/2008/02/26/claude-et-lydia-bourguignon-damnes-de-la-terre_1015833_3244.html, fleurtants bien trop souvent avec l’ésotérisme en prônant la biodynamie, une agriculture ne reposant pas sur la science mais sur les croyances d’un occultiste autrichien, Rudolf Steiner.

En gros, les chercheurs, spécialistes du sujet, sont absents. C’est dommage, car du coup, on peut se questionner sur la portée scientifique de la revendication. Mais ne préjugeons de rien, et continuons.

Nous trouvons également dans cette liste, quelques personnalités, pour la plupart connues pour leur militance.

Nous pouvons à présent nous poser la question de l’origine de l’appel. Nicolino se défend dans le Monde:

« Ce n’est ni l’appel de Charlie ni le mien, dit-il. C’est un appel lancé par des humains à d’autres humains. »

Vraiment ?

Le manifeste est publié chez Les liens qui libèrent, une maison d’édition soutenue par Actes Sud, la maison d’édition de Françoise Nyssen, éditant entre autre Pierre Rabhi. Ces deux derniers étant proches de l’anthroposophie, la philosophie ésotérique de Rudolf Steiner, ce même occultiste qui à imaginé la Biodynamie prônée par les Bourguignons. Vous

François Veillerette, un « simple » citoyen

remarquerez comment tout celà se recoupe… Le manifeste de Nous voulons des coquelicots, de 128 pages, n’est pas écrit par « des humains pour des humains, qui seraient le reflet de la société française ». Non. Le manifeste est écrit par Fabrice Nicolino, un ami de longue date de Pierre Rabhi, et par François Veillerette, le porte parole de l’association Générations Futures, une association anti-pesticide très médiatique et qui à bien évidemment relayé la pétition.

Rien de plus logique de retrouver des militants parmi les premiers signataires, et c’est tout à fait normal qu’ils puissent trouver un moyen commun de se faire entendre. Mais en prenant connaissance de tout cela, il devient difficile de croire que Nous voulons des coquelicots aient été lancé par de simples citoyens, comme on essaye de nous le vendre. Aussi, cette tendance à « parler aux humains » et donc de se réclamer d’un certain humanisme rappelle la démarche anthroposophique.

Steiner en disait ceci :

«L’interprétation correcte du mot «anthroposophie» n’est pas «sagesse de l’homme», mais «conscience de son humanité», c’est-à-dire : éduquer sa volonté, cultiver la connaissance, vivre le destin de son temps pour donner à son âme une orientation de conscience, une sophia.2)Rudolf Steiner, conférence du 13 février 1923 à Stuttgart, in Éveil au contact du Moi d’autrui, GA 257, Éditions Anthroposophiques romandes. »

N’affirmons rien sans preuve, mais avouons que celà méritait d’être souligné afin d’ajuster son curseur de vraisemblance quand à la sincérité de la démarche. Du coup, avec tous ces éléments, ce parement « humaniste et citoyen » sonne un peu faux, tel un slogan. Nous y reviendrons.

« Rendez-nous nos coquelicots ! Rendez-nous la beauté du monde ! »

Suite à cet appel, celui de la disparition de la biodiversité dont les coquelicots seraient les symboles, un bon nombre d’agriculteurs se sont fendus d’une réponse en forme d’ironie, publiant sur twitter des photos de leurs couverts remplis de coquelicots avec le hashtag #mescoquelicots.

La journaliste Géraldine Woessner à également expliqué que si certaines espèces messicoles ont disparues et d’autres sont en voie de disparition, les coquelicots font partie de ceux qui se portent bien.


Certains rappelant même que les coquelicots étant toxiques, en trouver dans l’alimentation peut générer un vrai risque sanitaire.

Les coquelicots ne semblent donc pas autant en disparition que ce que l’appel semble le dire. En faire un symbole semble donc excessif, voire même déplacé vu la toxicité de la plante. Néanmoins, ça serait rejeter le fond du propos que de s’arrêter à celà. Les messicoles sont bien en voie de disparition pour la plupart, mais celà est plus ou moins volontaire, car ce sont des espèces concurrentes des cultures, qui peuvent être toxiques. Néanmoins on sait aujourd’hui qu’elles ont aussi des avantages agricoles, elles favorisent notamment le maintien d’auxiliaires comme les syrphes, les chrysopes, les coccinelles ou les araignées… Donc le combat pour les messicoles n’est pas dénué de sens, mais il semble absurde d’accuser les pesticides de leur disparition, car ce n’est pas directement la faute des pesticides, mais de choix agricoles. La preuve étant que les agriculteurs qui ont posté les photos de leurs champs avec des coquelicots sont des agriculteurs utilisant des pesticides (sinon ils n’auraient pas réagit de la sorte). Les choix agricoles réalisés, peuvent faire en sorte que l’utilisation de pesticides, raisonnée et intelligente dans un contexte d’agro-écologie scientifique, puisse conduirent à une grande biodiversité tout en permettant de bénéficier des avantages des phytosanitaires quand celà est opportun.

« Nous exigeons de nos gouvernants l’interdiction de tous les pesticides en France. »

L’appel exige donc l’interdiction de tous les pesticides en France.

Tous ?

Non. Un secteur peuplé d’irréductibles pesticides résiste encore et toujours à la cohérence : Les pesticides « naturels », utilisés en agriculture biologique (mais aussi parfois en conventionnel).

Car, vous l’aurez peut-être remarqué, mais après le terme « pesticide » lancé par l’appel, on trouve un petit astérix… Astérisque. Pour préciser « de synthèse ».

Le cuivre, toxique pour les organismes du sol, les oiseaux, les mammifères et les organismes aquatiques…

On peut alors s’interroger sur les raisons de demander uniquement l’interdiction des pesticides de synthèse, comme si les pesticides « naturels » n’étaient pas également des poisons potentiels, voire pour certains nettement problématiques (comme la roténone, désormais interdite car fortement corrélée à Parkinson, ou le spinosad, très toxique pour les abeilles…). Au delà de l’appel à la nature, qui est issue d’une idéologie absurde dans les faits, il semble que les rédacteurs de cet appel militent non pas contre les pesticides de synthèse, mais bien pour les autres pesticides. Utilisés en BIO.

C’est à ce moment là qu’on se rappelle que François Veillerette fait partie des leaders du mouvement. Créateur et porte parole actuel de Générations Futures, son association ne cesse de publier des rapport à charge contre l’agro-industrie, ce qui est tout à fait leur droit, mais « oublie » systématiquement d’intégrer les pesticides BIO dans ses analyses. Ce qui est déjà pour le moins orienté. Mais en réalité tout celà n’est guère surprenant lorsque l’ont sait qui dirige Générations Futures : le lobby BIO.

En effet, on peut constater que le financement de l’association, au delà des dons des adhérents et divers donateurs, sont presque exclusivement des entreprises vendant du BIO :

Générations Futures explique qu’aucun de ces soutiens n’oriente ses choix stratégiques. Mais pas besoin : la présidente de l’association, Maria Pelletier fait des choix stratégiques qui vont valoriser le secteur du BIO…

… Tout simplement parce qu’elle fait partie du conseil d’administration de Synabio, entourée de représentants de Biocoop, La vie claire, Bjorg et cie…

Parmi les partenaires de Synabio ont retrouve sans surprise l’IFOAM.

Quel est exactement le rôle d’IFOAM ?

Traduction :

Présence du Bio au cœur de l’UE

  • Niveau élevé d’influence sur les politiques et institutions pertinentes de l’UE.
    • Une voix biologique unifiée désormais entendue à tous les niveaux des institutions européennes.
    • Plus de 190 organisations membres couvrant l’ensemble de la chaîne alimentaire: agriculteurs et transformateurs, détaillants, certificateurs, consultants, négociants, chercheurs et organismes de défense de l’environnement et des consommateurs.
  • Alliances stratégiques avec d’autres ONG.

Façonner la réglementation biologique de l’UE en négociant un consensus sur le règlement biologique de base, ainsi que pour mettre en œuvre des règles relatives au vin, à l’aquaculture et à la levure, par exemple.

Ah oui, du lobbying quoi…

De fait, les entreprises partenaires de Générations Futures n’ont pas à se soucier de devoir mettre le nez dans les affaires de l’association : elle roule déjà pour eux !

Du coup, on ne se pose plus trop la question concernant la raison pour laquelle l’appel Nous voulons des coquelicots rajoute cette petite astérisque tout à fait significative… Quand bien même l’association aurait été véritablement créée par des citoyens, elle aura vite été récupérée par le lobby BIO, afin de servir ses propres intérêts.

Une association « citoyenne » ?

Nous ne pouvons évidemment pas rejeter la possibilité d’une initiative initiale tout à fait citoyenne, bien que le fait que le président de leur association, Fabrice Nicolino monopolise les médias et s’occupe des articles et des vidéos sur le site internet, ce qui montre bien qu’il est très (trop ?) investi dans l’histoire… Bien que le fait que cet appel ai été publié sur le site de Générations Futures seulement 8 jours après la publication de leur dernier rapport sur les pesticides (non bio !) potentiellement perturbateurs endocriniens… Et que Orion Porta, le PDG de Biocoop, soit en campagne médiatique seulement 4 jours après… Ça commence à faire beaucoup, mais avouons qu’il n’y a pas de preuve suffisante pour certifier que le lobby bio serait à l’origine de l’appel… Il ne l’a peut-être que récupéré.

Néanmoins, il convient d’ajouter une dernière chose au dossier. Lorsqu’on recherche à qui appartient un nom de domaine et à quelle date celui-ci a été alloué et par quel fournisseur, il suffit de chercher le WHOIS (littéralement « Qui Est« ). Et en tapant le nom de domaine nousvoulonsdescoquelicots.org dans un moteur de recherche de WHOIS, voilà ce qu’on obtient :

On y apprend donc que :

  • Le fournisseur est OVH. Rien de surprenant, c’est un fournisseur très répandu.
  • La date de création est le 12 juillet 2018, ce qui montre bien qu’il y a eu le temps de planifier la sortie de manière à être raccord avec la publication du rapport de Générations Futures sur les perturbateurs endocriniens, et la campagne médiatique de Biocoop.
  • Le créateur du domaine n’est pas l’association Nous voulons des coquelicots, ni un citoyen anonyme, mais Générations Futures.

Il est intéressant de noter que l’association Nous voulons des coquelicots à été déclarée le 19 juin 2018. Soit près d’un mois avant la création du nom de domaine (12 juillet). Si l’association était déjà existante… Pourquoi faire enregistrer le nom de domaine du site nouvoulonsdescoquelicots.org par Générations Futures et non pas par l’association ?

Et tout celà pour communiquer en septembre… Alors pourquoi créer cette association « en urgence », si ce n’était pas pour lui faire héberger le site, alors qu’on pouvait attendre jusqu’en septembre ?

Enfin, nous pouvons retrouver Générations Futures dans le répertoire de la Haute Autorité pour la Transparence Publique et constater plusieurs opérations de lobbying auprès des décideurs politiques au sommet de l’état (cabinet du premier ministre, Ministère de la transition écologique…). Toutes déclarée ainsi : « GENERATIONS FUTURES a effectué ces activités de représentation d’intérêts pour son propre compte. » On est en droit d’en douter.

Conclusion

Personne ne peut affirmer que Nous voulons des coquelicots prenne sa source dans un mouvement sectaire et ésotérique, ou dans une campagne de com pro-industrie BIO savamment orchestrée. Les indices sont forts troublants, mais corrélation n’étant pas causalité, nous ne pouvons que soupçonner et non pas affirmer. Ajuster son curseur de vraisemblance est une démarche essentielle pour prendre du recul et stimuler son esprit critique. Cet appel, idéologiquement orienté pour favoriser le secteur BIO, reste néanmoins malhonnête dans l’utilisation fumeuse de cet astérisque révélateur, et surtout, il détourne du fond du problème : Si il est évident que l’agriculture doit continuer à évoluer, une telle démarche renforce l’idée qu’il n’existe que 2 voies possibles. L’agriculture conventionnelle, intensive et surpesticidée… Et la bio. Saine et naturelle. Il s’agit bien sûr d’un faux dilemme : On nous présente une alternative enjolivée (celle que nous voulons que vous choisissiez) et son opposé diabolisé (qu’il ne faut pas choisir, malheureux !), comme les 2 uniques voies. Evidemment, tout le monde préférera la voie enjolivée. Ici, l’agriculture BIO, présentée comme préservant la nature et la santé… Mais c’est oublier que la réalité est rarement dichotomique. Il existe beaucoup de variantes raisonnée, dont l’agriculture de conservation des sols. Notez, qu’il est tout à fait possible de réaliser le faux dilemme inverse, en présentant la BIO comme catastrophique (labour, érosion, etc) et présenter l’agriculture de conservation, comme la seule voie envisageable :

Evidemment la réalité est plus complexe, et la bio à certains avantages dans certains domaines, qu’il ne faut pas nier, mais aussi beaucoup de reproches à lui faire3)« Le débat entre les défenseurs de l’agriculture biologique et intensive est souvent inutilement polarisé. Il y a des scénarios où un système s’avère meilleur que l’autre et vice versa. Si je devais indiquer où et quand choisir l’un ou l’autre, je conseillerais d’essayer de choisir des légumes et des fruits biologiques, mais de coller avec des produits non biologiques pour tous les autres produits alimentaires (céréales, légumes, produits laitiers et œufs et viande). In https://ourworldindata.org/is-organic-agriculture-better-for-the-environment… Au final, on se souviendra que nous avions relevé que la formulation « C’est un appel lancé par des humains à d’autres humains » sonnait comme un slogan. Rien de plus vrai, si il s’avère exact que toute cette histoire ne serait qu’une vaste campagne de com, destinée à nous faire consommer BIO et nous détourner des vraies problématiques complexes de l’agriculture…

Nous avons écrit cet article parce qu’il y a une réflexion qui nous a frappé :

Si des scientifiques écrivaient une tribune pour soutenir l’utilisation de pesticides, et ce malgré des arguments, ils passeraient pour des vendus. Alors que pour une tribune probablement fomentée (dans tous les cas à minima récupérée) par le lobby BIO, personne ne se pose la question du conflit d’intérêt. C’est un problème.

C'est en partageant que le Projet Utopia deviendra celui de tous :

Notes   [ + ]

1. Leur rencontre à l’INRA conduira finalement à un divorce avec cette institution. Ils y sont aujourd’hui perçus comme des amateurs trop peu soucieux d’étayer scientifiquement leurs discours alarmistes. Ou comme des « idiots utiles », capables d’attirer l’attention sur la fragilité des sols. L’INRA évoque d’ailleurs le sujet dans un colloque, le 26 février, lors du Salon de l’agriculture. in https://www.lemonde.fr/planete/article/2008/02/26/claude-et-lydia-bourguignon-damnes-de-la-terre_1015833_3244.html
2. Rudolf Steiner, conférence du 13 février 1923 à Stuttgart, in Éveil au contact du Moi d’autrui, GA 257, Éditions Anthroposophiques romandes.
3. « Le débat entre les défenseurs de l’agriculture biologique et intensive est souvent inutilement polarisé. Il y a des scénarios où un système s’avère meilleur que l’autre et vice versa. Si je devais indiquer où et quand choisir l’un ou l’autre, je conseillerais d’essayer de choisir des légumes et des fruits biologiques, mais de coller avec des produits non biologiques pour tous les autres produits alimentaires (céréales, légumes, produits laitiers et œufs et viande). In https://ourworldindata.org/is-organic-agriculture-better-for-the-environment

4 commentaires sur “Nous voulons des coquelicots, l’appel du lobby BIO ?

  1. Est ce juste une impression, ou vous venez d’enfoncer une porte ouverte, après être rentré par la fenêtre ?

    Il n’y avait pas besoin de tout ça pour découvrir que cette pétition a pour objet de soutenir l’agriculture bio. L’exigence principale qu’elle promeut, d’interdire les pesticides*, ne laisse aucun mystère sur le type d’agriculture que les signataires préfèrent.

    Après qu’on retrouve derrière celle ci toute la galaxie agro-écolo, les militants, agriculteurs, distributeurs, gourous, ministres, etc, c’est complètement attendu. Et ça reste des humains parlant à des humains.

    Ou alors quoi ? Est ce que pour être humain ou citoyen, il faut être complètement inactif, ne pas fréquenter les mouvements politiques, ne pas avoir d’intérêts privés, ne pas avoir de croyances, et finalement ne pas avoir de contacts avec tous ceux qui violent ces règles ?

    Ça laisse très peu de monde…

    Le problème des lobbys, ce n’est pas que des intérêts et groupes particuliers communiquent. C’est leur droit, car ils sont constitués de citoyens et d’humains, et c’est utile.
    Le problème apparaît quand ils obtiennent une influence directe sur le législateur.

    Ce n’est pas le cas ici, la pétition ne fait que rentrer dans le débat public.
    La bonne réaction est donc finalement : questionner la pertinence de l’appel.

    1. – Porte ouverte pour vous probablement, puisque vous savez que le BIO contient des pesticides, ce qui n’est pas le cas de la majorité des français encore aujourd’hui.
      -« ca reste des humains parlant avec des humains », oui, mais pas seulement, et c’est même pas le principal, contrairement à ce qu’on cherche à faire passer comme idée. cf la philosophie de Pierre Rabhi, Steiner etc, où les intérêts privés n’ont pas d’importance, réduisant les rapports humains à une dimension platonicienne du monde des idées. C’est justement eux qui sont dans ce déni.
      – Votre dernier point est plutôt faux : la fabrique du doute (épisodes cigarettiers, par ex) se fait en priorité sur le grand public, via les médias. Via le législateur aussi, mais généralement celui-ci est influencé par l’opinion médiatique et publique. Il aura plus de facilité à épouser l’avis du lobby qui a les faveurs médiatiques (et publiques).
      – Questionner la pertinence de l’appel n’aidera pas à faire passer un message, au contraire c’est juste le meilleur moyen de passer pour un groupuscule lobbyiste. Le but de révéler la magouille derrière « les coquelicots » est d’essayer d’aiguiser l’esprit critique des gens, qu’ils se rendent compte que derrière le BIO (les « gentils »), on a tout autant de manipulation que chez les industriels conventionnels. Le public cible n’est juste pas le même : L’un favorise l’impact auprès du public et des médias, et tandis que l’autre qui a plus de moyens encore préfère directement voir avec le monde politique (et de toute façon c’est la seule chose qui reste aux industriels, vu que la bataille de l’opinion est perdue pour eux).

  2. Merci pour cet article qui montre, ô sacrilège, que les lobbys ne sont pas forcément là où on voudrait qu’il soient.
    En ce qui concerne le cuivre, ou plutôt le sulfate de cuivre, je pense que vous auriez dû mentionner le fait qu’il est utilisé par les « deux » agricultures ( et massivement par le bio), qu’on ne conteste plus (si on est sérieux) sa grande nocivité, et que dans un cas c’est un poison, et dans l’autre c’est une panacée naturelle… Ce qui montre d’autant plus la débilité du propos. Alors justement, ce crétin de Nicolino interviewé sur France Inter il y a peu, à qui on pose la question du cuivre, qui répond : « ah ben le cuivre c’est naturel ( !!) , c’est utilisé depuis des milliers d’années (c’est faux) et surtout c’est pas fabriqué dans un laboratoire… » Voilà, quoi. Tout y est, l’appel à la nature, au c’était mieux avant, le conchiage de la science, la confusion lamentable naturel/chimique. Voilà les les gens qui veulent changer le monde.
    Ajoutons à ceci que pour un agriculteur (j’en côtoie pas mal), le label AB est un choix de marketing avant tout, c’est payant (ils sont nombreux à le refuser, tout en produisant des choses qui n’ont rien à envier au bio !), les contrôles c’est n’importe quoi s’il y en a, les dérogations sont légion…

  3. Bonjour,

    Une analyse qui rejoint la mienne. Comment pouvait-il en être autrement, tant les manips sont grossières.

    Vous n’avez pas tiqué sur l’objet de l’association :

    « assurer le financement d’actions visant l’interdiction de tous les pesticides en France , ainsi que toute autre atteinte à l’équilibre écologique en France, en Europe et dans le monde »

    Non, ce n’est pas engager des actions ou œuvrer pour, mais « assurer le financement »…

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